Les kilos émotionnels ou comment le stress, les responsabilités peuvent être responsable d’une prise de poids !

Pourquoi le poids varie t’il lors de périodes de stress ou chez les personnes qui ressentent du stress en continu lié à leur activité?

Il est possible de mettre en avant plusieurs explications à cet état de fait  et  résultant  d’observations cliniques.

 Les raisons avancées ont souvent une origine  psychologique et comportementale  mais sont également induites par  les hormones du stress (cortisol et adrénaline).

On a pu observer que des événements traumatisants pouvaient entraîner une prise de poids chez certains sujets, que des situations de stress conduisent certains à une surconsommation d’aliments gras et/ou sucrés. Et qu’à l’inverse des personnes rentrant de vacances  reviennent avec quelques kilos en moins et ce  sans aucunes  privations ni restrictions. 

Etat psychologique et comportement

Les personnes déprimées, angoissées ou stressées préfèrent se tourner vers la nourriture pour calmer leurs angoisses et oublier leurs soucis. Sans s’en rendre compte, elles mangent une quantité excessive de nourriture et adoptent des comportements déclencheurs de la prise de poids.

En effet, dans la plupart des cas, les personnes stressées en raison d’un très grand d’occupations optent pour la restauration rapide et consomment des plats tout préparés, un choix qui impacte de manière considérable la prise de poids.

De plus, en période de stress, les gens en plus de grignoter entre les repas ont la fâcheuse manie de consommer des sucreries et des aliments riches en graisse, une habitude alimentaire qu’ils ont du mal à délaisser au fur et à mesure et qui engendre à long terme une prise de poids.

Le stress, qu’est-ce que c’est, comment le définir simplement!

Étudié par le médecin autrichien Hans SELYE dans les années 1930, le stress est une réaction physiologique, psychologique et comportementale d’adaptation à tout changement qui intervient dans notre environnement. C’est un réflexe naturel qui nous pousse à réagir (par exemple par la fuite ou le combat). Notre corps active en quelque sorte un turbo qui booste nos capacités musculaires et notre rythme cardiaque. C'est l'instinct de survie qui nous a permis de survivre jusqu'à aujourd'hui. Pensez à nos ancêtres qui en se baladant tranquillement pouvaient tomber nez à nez avec une bête sauvage...ce boost prenait alors tout son sens, il fallait courir vite pour fuir le danger ou alors se battre.

Cependant cet effet « booster » n’est pas sans conséquences, car  pour accroître nos capacités le corps mobilise plusieurs hormones  et tout particulièrement le cortisol et l’adrénaline, mais en contrepartie il est obligé  de réduire ou stopper d'autres fonctions du corps comme notre concentration, notre attention ou même notre système immunitaire. 

Le Cortisol, hormone du stress, la responsable, comment ça marche !

Le cortisol produit par les glandes surrénales  transforme les gras en sucre afin de fournir l’énergie nécessaire à l’organisme pour réagir. Tout le  corps mobilise les ressources disponibles pour survivre. Le foie va relâcher du glucose (sucre) et en fabriquer d'autre. Les muscles et les graisses aident à la création de ce nouveau sucre grâce aux acides aminés (composants des protéines) et aux triglycérides (graisses). En d'autres termes le stress « brûle » les graisses, le sucre mais aussi  les muscles.

En dehors de toute situation de stress, le cortisol a pour but de maintenir l’équilibre énergétique dans le corps. Après avoir atteint un pic le matin, il diminue lentement au cours de la journée. C’est lui qui est responsable du « coup de barre » qu’on ressent souvent en fin de matinée ou dans l’après-midi.

On pourrait penser que la mécanique humaine est extraordinaire car le stress brûle les graisses tout seul ! Hélas non, trop facile, cela a été vrai dans le passé mais dans nos sociétés modernes nous sommes plus souvent assis sur une chaise, derrière un ordinateur ou une console de jeu qu’à sprinter pour fuir une bête féroce ! Problème, nous n’utilisons donc pas ou plus  cette énergie !

Evolution sociétale

De nos jours nous ne sommes pratiquement  plus confrontés à des dangers ponctuels. Le stress que nous subissons pour la plupart est un stress chronique, c'est à dire moins intense mais répété dans le temps. Il est toutefois possible de superposer le stress chronique avec un pic de stress émotionnel. Nous avons donc « constamment » de petites décharges de Cortisol.

Cortisol et prise de poids

Les études ont montré que le cortisol si il réduit l'appétit à court terme, il augmente malheureusement à long terme les tentations pour la malbouffe. Le cortisol réduit donc la faim mais va vous donner envie manger du  gras et du sucré, beaucoup de gras et beaucoup de sucre !

Pire le cortisol affecte aussi le cerveau d'une façon qui amène vers la dépression, l’anxiété, le manque de motivation, la flemme !

La présence constante de cortisol amène petit à petit à des dysfonctionnements dans notre corps. Par exemple au niveau du système immunitaire, aviez-vous déjà remarqué que stressé vous avez plus de migraine ou de rhume ? Sur la digestion, que vous aviez plus souvent mal au ventre ou que vous êtes plus souvent constipé ? Avez-vous déjà remarqué la diminution de votre libido...

Quand le travail fait grossir

Les activités professionnelles sont un facteur important de surpoids. Elles regroupent tous les éléments vus précédemment, le stress, la mauvaise alimentation et le sédentarisme.

 « En dix ans de travail, j’ai pris dix kilos!» La « chanson » est connue et surtout de plus en plus commune. Généralement, ce n’est pas le travail en tant que tel qui fait grossir, mais son environnement et son organisation.

Ce phénomène est aussi mondialisé que l’économie: le site américain Carreerbuilder a dévoilé les résultats d’une grande étude consacrée  à ce phénomène aux Etats-Unis. L’étude a été menée de février à mars 2013 incluant  les données de plus de 3’600 travailleurs à plein temps. Les chiffres sont sans appel: 41% des personnes interrogées ont révélé avoir pris entre 5 et 10 kilos depuis qu’elles avaient commencé à travailler.

Les domaines professionnels considérés comme «à risque» sont les métiers du tertiaire.  Les métiers les plus concernés sont aussi ceux qui impliquent les plus hauts niveaux de responsabilité et donc de de stress  mais aussi de longues heures derrière un bureau. En tête du classement, on trouve pèle mêle les assistant (e)s de direction, les ingénieur(e)s, les enseignant(e)s, les infirmier(e)s, les informaticien(e)s et les avocat(e)s. Mais également toutes  les activités de bureau, les professions de chauffeurs de bus et poids lourds et le travail de nuit.

Beaucoup de gens qui pratiquent ces métiers voient leur indice de masse corporelle (IMC) monter à plus de 25 alors que, selon l’OMS, un indice normal se situe entre 18 et 25. Mais avant même qu’ils se retrouvent en surpoids, on peut constater chez les travailleurs concernés un déséquilibre au niveau des lipides et du cholestérol.

Le cerveau décide de notre poids pas nous!

Attention, le poids idéal n’est pas celui que l’individu se fixe mais celui que le cerveau décide, sur la base d’éléments génétiques et d’expériences de vie. «Tout comme le corps a besoin d’un certain nombre d’heures de sommeil, le cerveau a une fourchette de poids privilégiée qu’il va s’efforcer de défendre pour chacun d’entre nous». Ce système de régulation est basé dans l’hypothalamus, une zone du cerveau impliquée dans de nombreuses fonctions comportementales comme la thermorégulation, le contrôle du rythme circadien ou encore la faim. Il reçoit différents signaux relatifs aux stocks de lipides, au taux de sucre dans le sang, aux apports alimentaires et agit en réponse sur l’appétit ou encore le métabolisme, c’est-à-dire l’énergie consommée en permanence par l’organisme pour fonctionner, afin de maintenir un poids corporel stable.

Ce poids de référence s’inscrirait dans une fourchette d’environ cinq kilogrammes. Des personnes qui font de l’activité physique se situant plutôt vers le bas et les sédentaires vers le haut. Il peut augmenter au cours de la vie. Ainsi, une personne qui grossit et reste en surpoids plusieurs années verra son poids cible augmenter car le cerveau considérera le nouveau poids comme la référence. «Pour le cerveau, il n’y a pas de surpoids, juste un poids stable à défendre». 

Comment l'hypnose permet de gérer le surpoids,la prise de poids

Comme explicité plus avant dans cet article, les raisons profondes liées à une prise de poids en dehors de pathologie avérée sont liées à des éléments exogènes. L’hypnose en permettant d’atteindre « l’inconscient » de l’individu va venir influer, modifier et en quelque sorte reprogrammer  les comportements.

L’hypno thérapeute sera donc amené à travailler sur  divers éléments afin d’atteindre l’objectif  fixé à savoir perdre du poids, retrouver son poids d’antan ou son poids de forme. Il faudra donc travailler en tout premier lieu  sur le stress, comment faire diminuer « la pression » au quotidien. En seconde approche il faudra travailler sur « les émotions, comment  réapprendre à écouter son corps » tout en induisant « une nouvelle perception des aliments » afin de faire préférer une alimentation plus saine tout  en mangeant en quantité raisonnée (satiété). La dernière phase consiste à avoir  une meilleure image de soi-même et de retrouver la confiance en soi. Il y a un élément important que je n’ai pas évoqué ici,  qui est commun, permanent  et transphases, c’est le rapport au  sommeil. En effet un « mauvais sommeil » peut par les troubles qu’il peut induire venir perturber les tentatives de baisse de poids. 

                                                                                                                             Marie Luce GREVEN  hypnothérapeute et sophrologue RNCP

                                                                                                                        www.hypnosealille.fr

Écrire commentaire

Commentaires: 0