LES OPÉRATIONS SOUS HYPNOSE SE MULTIPLIENT DANS LES HÔPITAUX. NON, L’HYPNOSE N’EST PAS « UN MIRACLE ».

L’hypnose médicale va-t-elle un jour remplacer l’anesthésie générale dans les blocs opératoires ? Une révolution au bloc, pas si sûr !

 

Aujourd’hui la chirurgie se veut moins invasive, on évite autant que possible les opérations sous anesthésie générale, l’hypnose a donc « réinvesti » l’hôpital.

Cette technique, qui combine l’hypnose à la sédation consciente (où les médicaments sont utilisés pour rendre le patient plus détendu tout en restant conscient) et à l’anesthésie locale pour bloquer la douleur est proposé pour des opérations dites « légères » gynécologie, dermatologie, orthopédie, ablation de la thyroïde, tumeurs de la gorge, chirurgie mammaire, abdominale, thoracique…

 

Depuis trois ans, le Dr Marcou et son équipe de l’institut Curie se servent régulièrement de cette technique lors d’opérations du cancer du sein, y compris pour des mastectomies partielles et totales, ainsi qu’en chirurgie ORL, pour ôter des cancers de la paupière, du pavillon de l’oreille.

Pendant l’intervention, l’opéré est surveillé comme pour une anesthésie générale et peut être endormi à tout moment si cela s’avère nécessaire.

L’avantage de cette méthode est qu’elle évite les effets secondaires d’une anesthésie générale et ses complications éventuelles.

 

L’ensemble de ces facteurs permet au patient de récupérer plus rapidement, de ressentir moins de douleurs et réduit les complications postopératoires.

Mais est-ce nouveau ?

 

En Europe

1992 le professeur Marie-Elisabeth Faymonville, spécialiste de la douleur, chef de service au CHU de Liège, en Belgique, a eu recours pour la première fois à l’hypnose pour une anesthésie générale. Cet hôpital a depuis réalisé plus de 7 000 interventions sous hypnose. Très employée également en Suisse c’est le médecin anesthésiste Alain Forster qui a introduit cette technique aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) dans les années 70 déjà pour soulager la douleur, notamment au moment des changements de pansements sur les grands brûlés.

 

Désormais cette pratique connaît un fort développement en France également.

De plus en plus d’hôpitaux la valorisent dans differents services comme la maternité pour la prise en charge de la douleur en salle de travail.

Ou comment une pratique qui peut paraitre mystérieuse a accouché d’une série d’innovations, utiles quotidiennement aux patients.

·       2014, CHU d’Henri Mondor, à Paris, l’équipe hospitalo-universitaire, a réalisé plusieurs opérations de chirurgie cardiaque lourde en remplaçant les anesthésiants par l’hypnose.

Première opération de la gorge sous hypnose. « Une jeune femme a été opérée début avril d’une tumeur à la gorge, sans être endormie : elle était sous hypnose médicale. C’est une première en France. Il s'agit d'une opération de la gorge pourtant commune, mais elle s’est déroulée cette fois-ci de façon exceptionnelle. La patiente qui a subi l’opération début avril n’a pas été endormie de façon conventionnelle : elle a été hypnotisée ».

           ·       Au CHU de Nîmes, les coloscopies autrefois effectuées sous anesthésie générale le sont aujourd’hui sous hypnoanalgésie.

              « Dans 25% des cas, nous n’avons recours à aucun anesthésiant et dans 75% à de très faibles doses à des moments critiques ».

           ·       Caen, le service d’hématologie pratique sous hypnose des biopsies ostéomédullaires (très douloureuses).

           ·       CHU de Bordeaux, le recours à l’hypnose apporte un confort inédit à la centaine de jeunes patients atteints de cancer pris en charge

              chaque année par l’unité d’Oncologie et Hématologie pédiatrique.

           ·       Le CHU de Tours a recours à l’hypnose en neurochirurgie pour la résection de tumeurs cérébrales.

           ·       Le CHU de Lille la pratique en accompagnement des accouchements.

 

           ·       Le CHU de Clermont Ferrand y a recours quotidiennement pour accompagner la pose de péridurale ou lors de césarienne. 

Un peu d’histoire!

 

Mais cette technique est loin d’être récente puisque l’hypnose était déjà utilisée au XIXe siècle et même bien avant (premiers scriptes découverts datent de -5000 ans avant JC). En effet, avant le développement de l’anesthésie (1846, éthérisation médicale), Jules Cloquet pratiqua, en 1829, une mammectomie (ablation) avec curage ganglionnaire de manière indolore, selon le chirurgien, chez une patiente préalablement hypnotisée par son médecin traitant, le docteur Chapelain.

 

En 2013, Une méta-analyse portant sur 34 études randomisées (2597 patients) a été réalisée. Elle conclut que l’utilisation de l’hypnose entraîne une diminution du stress émotionnel, de la douleur, de la consommation d’analgésiques, une stabilité des paramètres physiologiques et une meilleure récupération (moins de fatigue). Une diminution des nausées post opératoires est aussi retrouvée dans plusieurs études, que ce soit chez l’adulte ou chez l’enfant, tout ceci menant à une meilleure satisfaction du patient.

Alors pourquoi ce nouvel intérêt  aujourd'hui?

 

Le regain d’intérêt actuel pour cette technique millénaire est le résultat d’une meilleure compréhension de son mécanisme d’action, notamment son rôle dans la modulation de la douleur, grâce aux techniques d’imagerie cérébrale.

 

 A n’en pas douter, Il est à parier que dans un futur proche, cette technique sera de plus en plus utilisée dans le cadre de chirurgies plus lourdes et plus invasives.

 

 

                                                                                                                                                                                                 Marie Luce GREVEN

                                                                                                                                                                                                 www.hypnoselille-ressentis-positifs.com

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